La Saga Twilight

The twilight saga

Twilight

Réalisé par Catherine Hardwick, Chris Weitz, David Slade et Bill Condon

De 2009 à 2012

 

La saga Twilight a été très injustement critiquée, tant d'un côté que de l'autre. En effet, on a d'une part les groupies qui ont hissé la saga au rang de chef d'oeuvre intouchable, et d'une autre part les « haters » qui ont bashé la saga à tord et à travers. Cependant, Twilight, avec ses défauts et ses qualités, ne se situe dans aucun de ces extrêmes.

 

Pour commencer, bien que Twilight soit l'adaptation d'une saga littéraire à succès, il est inutile de comparer les films aux livres : La littérature est différente du cinéma et n'utilise pas les même codes ; d'autant plus que là où un livre va pouvoir se permettre de faire 500 pages et de s'attarder sur des éléments inutiles à la compréhension du récit (et cela dans l'unique but de rendre un monde sans images plus vivant, de le faire exister), un film dépassera difficilement les 2h20 (je sais, les films de 3h sont de plus en plus fréquents, mais encore faut-il une histoire qui vaille le coups de passer autant de temps dessus !) et de ce fait, chaque élément du film est essentiel à la narration ou du moins presque (certains réalisateurs prennent le parti d'ajouter des scènes qui ne font pas avancer l'intrigue dans un soucis de réalisme, mais se faisant, ils prennent également le risque d'alourdir le film).

 

La saga est tout de même composée de 5 films de plus ou moins 2h15, ce qui est amplement suffisant pour l'histoire qu'ils ont à nous raconter, à savoir Bella, une jeune lycéenne qui quitte l'Arizona pour vivre seule avec son père dans le trou perdu et humide qu'est Forks où elle va faire la connaissance d'un pâle et mystérieux garçon... s'en suivent toutes les péripéties vampiriques et lycanthropiques avec s'il vous plaît, le traditionnel triangle amoureux.

Ces 5 film ont été réalisés par pas moins de 4 metteurs en scènes différents (les 2 derniers volets constituants en fait un seul et même film coupé en 2, ont été mis en scène par Bill Condon).

 

Sur le premiers volet, « Twilight », Catherine Hardwick a fait un magnifique travail , notamment sur l'ambiance et l'esthétique. L'intégralité a été filmé avec un filtre bleu qui rend compte de l'atmosphère froide et mystérieuse propre à ce volet. Les effets et cascades, bien que parfois trop rigides, sont bien réalisées et restent minimalistes, sans excès : Mention spéciale à la scène du match de baseball !

Pour ce qui est de la narration, on prend le temps de découvrir les personnages et on met en place les questions qui vont venir se poser plus tard.

Carter Burwell signe une bande originale superbe.

 

Sur « New Moon », réalisé par Chris Weitz, le travail est complètement différent, et pour cause : Le point central - Bella mise à part – n'est plus Edward mais Jacob. Les couleurs et l'atmosphère seront donc beaucoup plus chaudes ; exit le filtre bleu !

Autre point important, le film a beaucoup été critiqué pour son rythme très lent. Ce rythme - qui peut rapidement être lourds, je le concède – est très probablement voulu et est dû à l'élément perturbateur au début du film : Edward quitte Bella. Celle-ci entre alors dans une forte dépression et le film se met au rythme de Bella : Le temps se fait long et l'attente difficile. Une scène en particulier illustre trés bien cela : Celle où la caméra effectue un mouvement rotatif continu autour de Bella et nous montre successivement son visage et la fenêtre. Cette séquence est particulièrement longue et le passage des saisons à la fenêtre accentu encore l'effet.

La scène finale prépare déjà le terrain pour le dernier volet de la saga.

Le Français Alexandre Desplat à la musique fait un très bon travail, même si sa B.O reste moins marquante que celle de Burwell.

 

« Eclipse », débarque ensuite, sous la direction de David Slade. Le réalisateur apporte au film un côté plus sombre tant visuellement que dans la direction du jeu des acteurs. La palette de couleurs froides est de retour et Howard Shore nous compose une B.O plus inquiétante et « épique » (entre guillemets parce que faut pas abuser non plus ; la bataille finale c'est pas le Gouffre de Helm!) que romantique.

On regrettera juste Bryce Dallas Howard dans le rôle de Victoria... Rachelle Lefevre était plus convaincante (à mon sens).

 

Enfin vient le dernier volet (enfin les 2 derniers, mais on va en parler comme d'un seul film), à savoir « Breaking Dawn » (part 1&2). Là où la première partie semble très longue (2h20), la deuxième le semble juste assez (2h). En effet la première partie a une intrigue plutôt réduite : Mariage, lune de miel, grossesse, accouchement. Mais d'un côté il est normal que l'ont s'étende aussi longuement dessus : Cette partie comprend quasiment toutes les scènes les plus attendues par les fans qui ont dû attendre pas moins de 4 films pour être enfin contentés ! Si tout cela avait été condensé en 1h de film (soyons laaarge), nul doute que l'un d'entre eux aurait mis le feu aux studios...... enfin, passons . Le vrai reproche que j'ai à faire au film (et surtout à monsieur Bill Condon) c'est dans le traitement des couleurs et des maquillages. Malgrés la parfaite coexistance des Cullen avec les Humains, il y avait toujours des éléments rappelant leur été vampirique, mais alors là....

La première partie se conclue sur un clip show.

 

La seconde partie voit apparaître Bella version vampire. C'est drôle comme tout de suite elle a plus d'assurance. Ah ! J'allais oublier ! On va aussi pouvoir voir Nessie (Renesmée, toutes mes confuses) et... ah ben non en fait. Si étant encore bébé elle était réussie, les animations quand elle est plus agée sont plutôt foireuses, on a PRESQUE l'impression de l'image d'un visage projeté sur un ballon... ce que je veux dire par là c'est que certains élément du visages sont disproportionnés par rapport à d'autre et que parfois le visage semble « flotter » sur la tête. Enfin bref.

Les 2 autres point important du film étant les vampires et le final. La galerie de vampires que l'on découvre avec ce volet est plutôt réussie (même si l'on admettra que les Roumains sont assez risibles) et on leur attribut très rapidement une personnalité, une vie et un caractère propre.

Les enjeux se font plus dramatiques (j'en entends qui rigolent au fond!) quand l'on comprend que Bella envisage de mourir avec Edward dans la bataille contre les Volturi qui se prépare, laissant ainsi sa fille orpheline, seule avec Jacob, condamnée à fuir.

Aprés s'être bien amusés à éliminer tous les personnages attachants au cours d'une violente bataille de 20 minutes (d'ailleurs très réussie), B.Condon et la scénariste nous pondent une scène nous expliquant que tout cela n'était qu'une vision d'Alice ! Alors, moi je veux bien, seulement, quand on prend le parti de créer un univers ou du moins de transcrire l'univers de quelqu'un d'autre à l'écran (ici, celui de l'auteure Stephenie Meyer) on se doit de respecter cet univers et d'éviter les incohérences. Peut importe que quelque chose soit normalement impossible dans notre monde, du moment que cela colle avec l'univers crée, tout va bien, même s'il s'agit du truc le plus abracabrantesque que vous ayez vu ! Donc, on va reprendre ensemble : Dans les films (et pas uniquement les livres ! Qui, je le répète, sont pour moi une œuvre à part des films), Alice ne peut voir les Loup-garous (ou Modificateurs pour les plus pointilleux, je n'ai pas envie de me faire lyncher) dans ses visions... alors comment ?! Comment fait-elle pour avoir cette vision peuplée de loup-garous ?! Il y a 2 solutions :

  • La première, où ce n'est pas une vision mais un film qu'elle se fait dans sa tête pour faire flipper le vaillant Aro (sentez l'ironie qui pointe...), auquel cas je m'écrase et je retire tout ce que je viens de dire.

  • La seconde, conversation surprise entre Bill Condon et la scénariste : « Hum, une vision d'Alice avec une bonne petite bataille avec vampires et loup-garous ! »  « Mais, et la cohérence scénaristique ? », tenta la scénariste, « La cohérence, je l'emmerde ! Je vais pas rater un occasion de m'éclater ! Ils n'y verront que du feu ! » trancha Bill, pris d'une soudaine transe.

 

De toute façon, tout est bien qui fini bien. Et devinez sur quoi se conclu le film ? UN CLIP SHOW !

 

Avant de terminer, il y a 2 dernier points plus généraux à aborder : Les acteurs, et une incohérence majeure.

Tout d'abord, l'incohérence : Certes la saga a été partagée entre 4 réalisateurs différents, chacun avec leur vision de l'univers de Stephenie Meyer et du cinéma, mais ils auraient au moins pu s'accorder sur un point, qui est la mort des vampires . Elles sont en effet différentes à chaque volet : Dans « Twilight », si un membre est arraché ou mordu sur un vampire, cela ressemble à de la chair avec du sang ; dans « New Moon » cela ressemble plus à un mélange entre du carton et de la cendre ; dans « Eclipse » ce serait plutôt de la porcelaine ou de la glace et enfin dans « Breaking Dawn » un croisement entre de la chair, du carton et de la porcelaine.

Ensuite, les acteurs. Ces derniers ont été violemment critiqués pour leur jeu tout au long de la saga notemment Kristen Stewart (Bella) et Robert Pattinson (Edward). Mais leur jeu correspond simplement à la vision qu'ils avaient des personnages, qui ne plaît certes pas à tout le monde, mais cela n'en fait pas pour autant de mauvais acteurs ; il suffit de se pencher un peu sur le reste de leur filmographie (avant et aprés la saga).

 

Tout cela pour dire que Twilight est loin d'être une saga incroyable mais aussi loin d'être un nanar. Elle se contente d'être honnête dans ce qu'elle propose et promet.

 

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